Don d’organes à Libourne : pourquoi et comment en parler à vos proches ?
Le don d’organes est un acte de solidarité nationale qui sauve des milliers de vies chaque année. Pourtant, malgré une volonté largement partagée, un décalage persiste entre l'intention et la réalité des faits en France. À l'occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs, le 22 juin, la Clinique Chirurgicale du Libournais s'associe à cette cause essentielle.
En tant qu'acteur majeur de la santé en Gironde et dans la région Nouvelle-Aquitaine, notre établissement s'engage à informer et à sensibiliser la population libournaise. Pourquoi le don d’organes nous concerne-t-il tous ? Comment fonctionne la législation en France ? Et surtout, comment aborder ce sujet en famille ? Découvrez tout ce qu'il faut savoir pour lever les tabous et faire de la transmission une force de vie.
Les chiffres clés du don d’organes en France
Pour comprendre l'urgence de la situation, il convient d'observer la réalité des chiffres au niveau national, des données qui font écho aux besoins de santé publique que nous constatons chaque jour sur le terrain en Nouvelle-Aquitaine :
- 23 294 patients étaient inscrits sur la liste nationale d'attente pour une greffe (tous organes confondus) au 1er janvier 2026.
- 6 148 greffes ont pu être réalisées en France au bénéfice des patients en attente au cours de l'année 2025.
- Cela représente une moyenne de 17 greffes par jour, rendues possibles grâce à une coordination médicale exceptionnelle.
- 1 donneur peut sauver jusqu’à 7 vies !
Face à ces besoins importants, la générosité des Français est bien réelle : 8 Français sur 10 se déclarent favorables au don de leurs propres organes après leur mort. Néanmoins, un obstacle majeur subsiste : moins d'un Français sur deux en a effectivement parlé avec son entourage. Pourtant, 90 % des citoyens pensent qu'il est capital que leurs proches connaissent leur position sur le don d'organes et de tissus. C’est ce chaînon manquant – la discussion familiale – qu’il est primordial de consolider.
Don d'organes : comment ça marche selon la loi française ?
La France a mis en place un cadre légal protecteur et solidaire, supervisé par l'Agence de la biomédecine (agence relevant du ministère de la Santé).
Le principe du consentement présumé
En France, la règle d'or est le consentement présumé. Cela signifie que nous sommes tous considérés comme donneurs d'organes et de tissus après notre mort, sauf si nous avons exprimé notre opposition de notre vivant.
Le rôle central des proches et des équipes médicales
Si une personne décède à l'hôpital dans des conditions médicales spécifiques permettant d’envisager un prélèvement, les médecins ne décident pas seuls. Bien que la loi présume le consentement, les équipes médicales s'assurent systématiquement auprès des proches que le défunt ne s'était pas opposé à ce geste de son vivant.
C'est là que tout se joue. En l'absence de discussion préalable, les proches, plongés dans la douleur du deuil, ignorent souvent la volonté du défunt et peuvent, par doute ou protection, s'opposer au prélèvement. Dire à votre entourage que vous acceptez de donner est donc une démarche vitale pour les patients en attente de greffe, mais c'est aussi un immense soulagement pour votre famille qui saura exactement quoi répondre aux médecins.
Le 22 juin : la journée nationale où tout le monde en parle
Pour faciliter cet échange parfois perçu comme difficile, l'Agence de la biomédecine organise chaque année un grand rendez-vous national le 22 juin. L'objectif de cette journée est simple : inciter chaque citoyen à rappeler à ses proches qu'il est donneur.
Peu importe la manière dont vous abordez le sujet – au détour d'une conversation, par un message, ou en partageant cet article – l'essentiel reste de le dire, afin que vos proches sachent précisément à quoi s'en tenir. Nous pouvons tous, un jour ou l'autre, avoir besoin d'une greffe pour nous-mêmes ou pour un enfant, un parent, un ami. Le don d'organes est une cause universelle qui transcende les barrières : quel que soit votre âge, votre état de santé ou votre religion, nous sommes tous concernés et nous pouvons tous donner, à condition d'en parler !
Dépasser les idées reçues sur le don d'organes
Il existe encore de nombreux mythes autour du prélèvement d'organes. La Clinique Chirurgicale du Libournais vous aide à faire le tri entre le vrai et le faux pour aborder le sujet sereinement :
"Le don d'organes, c'est donner son corps à la science."
FAUX. Ce sont deux démarches totalement différentes. Le don du corps à la science est destiné à la recherche médicale ou à l'enseignement universitaire. À l'inverse, le prélèvement d’organes a un but exclusivement thérapeutique : les organes prélevés sont directement et uniquement destinés à soigner et sauver des patients en attente de greffe.
"Les médecins ne vont pas tout faire pour me sauver si je suis donneur."
FAUX. La priorité absolue du corps médical est de sauver la vie du patient hospitalisé. Le don d'organes n'est envisageable qu'une fois le décès formellement constaté et certifié par deux médecins différents. De plus, ce diagnostic repose sur des critères stricts de mort cérébrale, c'est-à-dire lorsque le cerveau est irrémédiablement détruit, alors que les fonctions cardiaques et respiratoires peuvent être maintenues artificiellement le temps de l'intervention.
"Je suis trop vieux ou trop malade pour donner."
FAUX. Il n'y a pas d'âge limite théorique ni de contre-indication médicale absolue a priori. Que l'on soit jeune ou âgé, malade ou en bonne santé, ce sont uniquement les médecins spécialistes qui, au moment du décès, évaluent au cas par cas si un organe ou un tissu est cliniquement apte à être greffé de manière sécurisée.
"Le don d'organes abîme le corps et empêche les funérailles."
FAUX. Le prélèvement est un acte chirurgical de haute précision effectué au bloc opératoire. Le corps du donneur bénéficie exactement du même soin, du même respect et de la même dignité que n'importe quel patient vivant. Les incisions sont suturées avec le plus grand soin et recouvertes de pansements, rendant l'opération invisible sous les vêtements. Le don d'organes est pleinement compatible avec tous les rites funéraires et toutes les religions, et les proches peuvent organiser les obsèques selon leurs souhaits et ceux du défunt.
Comment exprimer votre choix en Nouvelle-Aquitaine ?
Si vous êtes favorable au don d'organes, la démarche la plus efficace et la plus simple reste la parole. Informez oralement vos proches ou écrivez-leur (par lettre, e-mail, SMS) pour officialiser votre position.
Si vous êtes opposé au don de vos organes, vous devez impérativement le faire savoir pour que votre choix soit respecté. Le moyen principal est de vous inscrire sur le Registre national des refus géré par l'Agence de la biomédecine. Vous pouvez également confier un écrit daté et signé à un proche, qui le transmettra à l'équipe médicale le moment venu.
L'engagement de la Clinique Chirurgicale du Libournais pour la santé territoriale
Établissement de santé de proximité ancré au cœur du Grand Libournais, la Clinique Chirurgicale du Libournais met un point d'honneur à accompagner ses patients et leurs familles à chaque étape de la vie. Au-delà de nos activités chirurgicales et de nos soins quotidiens, relayer les campagnes de santé publique nationales fait partie intégrante de notre mission locale en Gironde.
Le don d'organes est un formidable exploit de coordination médicale qui commence toujours par un geste d'une immense générosité humaine. En ouvrant le dialogue au sein de votre foyer à Libourne, Saint-Émilion, Pomerol ou dans les communes environnantes, vous contribuez activement à sauver des vies.
Et vous, en avez-vous déjà parlé avec vos proches ?
Profitez de cette semaine pour aborder le sujet à table ou en famille. Pour obtenir plus d'informations officielles, n'hésitez pas à consulter le site du ministère de la Santé : dorganes.fr ou à vous rapprocher de nos équipes médicales lors de votre prochain passage à la clinique.
Informations pratiques – Clinique Chirurgicale du Libournais
- Adresse : 119 rue de la Marne, 33500 Libourne, Gironde, Nouvelle-Aquitaine
- Mission : Offrir des soins chirurgicaux d'excellence et sensibiliser aux enjeux de santé publique et de solidarité médicale.